La Jeune Fille à la perle

19 févr. 2018


La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.

Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l'introduit dans son univers. À mesure que s'affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville...



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La Jeune Fille à la perle de Tracy Chevalier
Titre original : Girl with a Pearl Earring
Traduit par Marie-Odile Fortier-Masek
Editions Folio, 2002 - 313 pages - 8,30



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 : Apprendre des choses sur Vermeer et sur ses peintures.
L'autrice sait rendre le moindre détail d'un tableau fascinant.
Un habile mélange de faits réels et d'imagination.


La Jeune Fille à la perle est un roman qui traînait dans ma PAL depuis quelques années. Sans en connaître l'histoire, j'avais tout de même entendu parler de l'adaptation cinématographique avec Scarlett Johansson et Colin Firth. La peinture n'est pas un art qui m'intéresse particulièrement et, de Vermeer, je ne connaissais pas grand chose à part le tableau La Laitière (grâce à la publicité pour les yaourts, oui, j'avoue). J'étais curieuse de découvrir pourquoi ce livre était autant apprécié et quelle était l'histoire de ce tableau, La Jeune Fille à la perle, du point de vue de l'autrice.

Une lecture que j'ai aimée, car elle m'a sorti de mes habitudes. Un récit calme et "simple", qui ne manque pourtant pas d’intérêt. Grâce au caractère de Griet, à son évolution auprès de Vermeer, grâce à Maria Thins (la mère de sa maîtresse) et même grâce aux méchancetés de Cornelia. L'écriture de l'autrice (et la traduction de Marie-Odile Fortier-Masek) est agréable et donne un récit facile à lire. De plus, j'ai aimé le mélange de fiction et de réalité, sur Vermeer et ses tableaux.

Pour aider sa famille, Griet entre au service de la famille du peintre Vermeer. La jeune fille de seize ans a du caractère et s'adapte rapidement au rythme de sa nouvelle maison - entre ménage, marché et lessive - malgré les comportements de sa maîtresse et d'une de ses filles. Elle s'attarde dans l'atelier qu'elle doit nettoyer sans rien bouger de place, prend plaisir à voir évoluer les tableaux, à apercevoir le moindre changement. Au côté du maître, qu'elle nomme principalement "il" lorsqu'elle parle de lui, elle apprend à voir les objets et les couleurs autrement, plus intensément.
"Parvenue au centre de la place, je m'arrêtai à l'intérieur du cercle de dalles au milieu duquel se trouvait l'étoile à huit branches. Chaque branche pointait vers une direction que je pouvais suivre." 
Peu à peu, la jeune fille du tableau prend vie sous nos yeux, ainsi que se dévoile la personnalité du peintre. Le talent de l'autrice pour faire vivre celle qui a pris la pose - pour lui inventer toute une vie, nous faire ressentir ses émotions - est impressionnant. Tout comme elle le fait pour les autres tableaux cités ; La LaitièreLe Concert et quelques autres.


En quelques mots...
XVIIe siècle | Pays-Bas | Peintre | Famille | Servante | Tableaux

Miss Marple au Club du Mardi & Le Club du Mardi continue

17 févr. 2018





"- Ma foi, intervint Joyce, il me semble que nous formons une assemblée assez représentative. Si nous fondions un Club ? Quel jour sommes-nous aujourd'hui ? Mardi ? Pourquoi ne pas le baptiser le Club du Mardi ? Il se réunirait chaque semaine et, à tour de rôle, chacun de ses membres proposeraient un problème... un mystère dont il aurait eu personnellement connaissance, et dont, bien sûr, il détiendrait la solution... Voyons, combien sommes-nous ? Un, deux, trois, quatre, cinq. En vérité, nous devrions être six !

- Vous m'oubliez, ma chère, déclara Miss Marple avec un grand sourire."





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Miss Marple au Club du Mardi & Le Club du Mardi continue d'Agatha Christie
Titre original : The Thirteen Problems - Traduit par Sylvie Durastanti
Editions France Loisirs, 1998 - 268 pages


✖ : /

 : Un même fil rouge pour toutes ces enquêtes ; le Club du Mardi.
Dès treize nouvelles, pas une seule n'est ennuyante.


Quand l'envie d'une bonne enquête efficace se fait sentir, je n'hésite plus, Agatha Christie est là. En plus, j'aime le côté... cocooning qu'ont les livres mettant en scène Miss Marple. L'idée de base, ce Club du Mardi, est intéressante et "empêche" la frustration due aux courtes enquêtes (il y en a treize en tout). Ici, le club forme une sorte de fil rouge. Alors, même si les enquêtes s'enchaînent, nous suivons les mêmes personnages en train d'essayer de démêler le vrai du faux, de découvrir la vérité. Et, comme nous sommes au même niveau qu'eux, nous pouvons aisément nous prendre au jeu. Je l'avoue, Miss Marple m'a battu plus d'une fois... Mais, j'ai réussi à résoudre un ou deux mystères quand même !

Miss Marple, son neveu Raymond West, l'ancien superintendant à Scotland Yard Sir Henry Clithering et d'autres se confient, chacun leur tour, sur des affaires qui les ont marquées. Aux autres de s'en faire une idée. Un vrai plaisir à lire, surtout quand personne ne soupçonne la chère vieille tante Jane, qui n'est que rarement parti de St. Mary Mead, de vouloir mettre son nez dans ces affaires. Ils ne sont pas au bout de leur surprise avec elle et ses parallèles villageois !


En quelques mots...
Club | Enquêtes | Mystères | Soupçons | Idées | Miss Marple

Happy Ending

16 févr. 2018

La vie, c'est pas une comédie romantique.

Shane Bennett.
C’est le Hugh Grant de mon Journal de Bridget Jones personnel,
le Richard Gere de mon Pretty Woman,
le Patrick Swayze de mon Dirty Dancing.
Bref, le garçon qui m’a brisé le cœur.
Et qui choisit le jour où j’annonce mes fiançailles avec M. Parfait pour faire son grand retour dans ma vie. La seule chose à faire ? L’ignorer. Sauf qu’il tient mon avenir professionnel entre ses mains. Si je ne le convaincs pas de me confier le lancement de son nouveau restaurant, je perds mon job. Mais il ne signera qu’à une condition : que je rejoue avec lui les scènes cultes des dix comédies romantiques que nous aimions tant regarder ensemble à l’époque où je croyais encore à notre happy ending…

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Happy Ending de Victoria Van Tiem
Titre original : Love Like the Movies - Traduit par Nolwenn Guilloud
Editions Harlequin (&H), 2017 - ebook - 5,99


✖ : On n'échappe pas à quelques clichés.

 : Une romance très sympathique.
L'autrice joue le jeu à fond avec toutes les références aux comédies romantiques.
Revivre de nombreuses scènes et répliques cultes.


Merci aux éditions Harlequin et à NetGalley pour cette lecture. Alors oui, j'avoue, j'ai beau apprécié les films d'horreur, je fonds complètement devant les comédies romantiques (les américaines et anglaises des années 80/90, de préférence, comme celles citées dans le résumé, même si, honte à moi, je n'ai jamais vu Pretty Woman). Alors, pour la Saint-Valentin, je me suis laissé tenter par cette romance qui promettait de revivre les scènes cultes de nos films préférés.

Prête à fêter ses fiançailles en famille, Kensigton se fait, une fois de plus, voler la vedette par sa belle-sœur. Ajoutez à cela son ex qui déboule dans sa vie - celui qui a compté, le grand amour de sa vie - et un job en péril. Bref, nous rencontrons une jeune femme prête à s'engager et heureuse qui doit gérer les aléas de la vie, son passé qui resurgit et les doutes qui l'assaillent. Pas facile, surtout si on ajoute, en plus, une mère telle que la sienne, je vous le garantis !
"- Quel genre de proposition ? 
- J'aimerais que tu vives dix scènes de film avec moi. C'est tout ce que tu as à faire pour que je signe." - Kensigton & Shane
Le résumé clame que la vie n'est pas une comédie romantique, l'autrice nous prouve le contraire en s'amusant à recréer, pour Shane et Kensigton, les scènes clés de Pretty Woman, 27 robes, Love Actually, Dirty Dancing et bien d'autres. Et encore, elle ne s'arrête pas là ! Jouant à fond le jeu, elle en détourne même les titres pour en faire ses chapitres ; La vérité est abominable, Nuits blanches à Indianapolis, Comment être totalement larguée en 5 leçons, Kenzi Shaw : l'âge de raison, etc. Bref, si vous êtes branchés comédies romantiques, vous ne serez probablement pas déçus.
"Il faut que j'arrête de vouloir être « assez bien » pour les autres et que j'apprenne à être assez bien pour moi. Mes critères. Ma vie. Mes choix."
Happy Ending est une romance à tendance chick-lit, avec la trentaine qui arrive et Kensigton qui jongle entre sa relation actuelle et le retour de son ex, tout en se dépatouillant comme elle le peut dans son travail qui ne lui convient pas forcément. L'humour est présent, mais pas seulement. Sa relation avec sa mère fait parfois mal au cœur. Voir les sentiments de la jeune femme face à sa famille nous la rend encore plus attachante. Malgré le manque d'épaisseur de certains personnages et les clichés présents dans ce genre de lecture (et de film), j'ai apprécié toutes ces références aux comédies romantiques, avec ses scènes rocambolesques, et j'avais hâte d'arriver aux moments où Kensigton allait enfin prendre son courage à deux mains, faire ce qu'elle souhaite et dire ses quatre vérités à sa mère... et à d'autres !
"Et même si l'issue était complètement prévisible, on pleure comme des madeleines."
Moi aussi, je veux un collier de bonbons !


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Comédies romantiques | Fiançailles | Famille | Ex | Travail | Sentiments

Le Secret de la manufacture de chaussettes inusables

14 févr. 2018



Été 1938. Layla, jeune citadine fortunée, refuse le riche parti que son père lui a choisi et se voit contrainte, pour la première fois de sa vie, de travailler. Recrutée au sein d'une agence gouvernementale, elle se rend à Macedonia pour y écrire un livre de commande sur cette petite ville. L'été s'annonce mortellement ennuyeux. Mais elle tombe vite sous le charme des excentriques désargentés chez lesquels elle réside, les Romeyn. Autrefois propriétaire de la manufacture, cette famille a une histoire intimement liée à celle de la ville. De soupçons en révélations, Layla va changer à jamais l'existence des membres de cette communauté.


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Le Secret de la manufacture de chaussettes inusables d'Annie Barrows
Titre original : The Truth According to Us
Traduit par Claire Allain & Dominique Haas
Editions 10/18, 2017 - 663 pages - 10,90€


✖ : Du mal, au début, à retenir tous les personnages.

 : Différents points de vue. Différentes générations.
L'ambiance très bien retranscrite d'une petite ville de Virgine-occidentale en 1938.
Un plaisir à lire, malgré les moments difficiles pour Willa & co.
Avoir des extraits des écrits de Layla.


Il y a plusieurs années, j'ai lu et aimé Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates (que je compte relire un de ces jours). Alors, forcément, à la sortie de ce nouveau roman au titre tout aussi imaginatif, l'envie était là de le découvrir. C'est finalement la chronique de Cranberries, avec cette jolie édition spéciale, qui m'a enfin fait craquer.

Refusant d'obéir à son père, Layla Beck se voit, bien malgré elle, envoyer à Macedonia pour y écrire l'histoire de la ville, pour son cent cinquantenaire. L'autrice sait merveilleusement bien nous faire entrer dans cette communauté, au côté de Willa et sa famille, chez qui Layla va vivre. Et, il est appréciable, même si cela sert le cœur, d'avoir de jolis moments, tout comme des plus difficiles ou délicats. Tout comme Layla, nous allons vivre au rythme de cette petite ville.
"Je résolus de changer. Là, à cet instant précis, je pris solennellement la décision d'être attentive à ce qui m'entourait et de m'appliquer à découvrir toutes les vérités que les adultes essayaient de me cacher. Je saurai tout ce qu'il y a à savoir, me promis-je intérieurement. J'irai au fond des choses. À dater de tout de suite." - Willa
Le changement de narration - passant de la première à la troisième personne et changeant régulièrement de point de vue - est parfois déstabilisant. Nous suivons parfois Willa, jeune fille de douze ans, à la première personne du singulier, pour suivre ensuite sa tante Jottie, à la troisième personne, et ainsi voir la jeune fille d'un point de vue extérieur. J'espère que mes explications sont assez claires... En plus de ces deux figures féminines, Layla a également voix au chapitre.
"Chacun de nous voit une histoire donnée à travers le prisme de sa propre subjectivité. Nous sommes incapables de nous montrer objectifs." - Mlle Betts
Jottie est une femme très touchante qui, du haut de ses trente-six ans, élève les enfants de son frère aîné et vit avec ses sœurs durant la semaine. Elle a à cœur de protéger ses nièces, principalement Willa, des histoires qui circulent sur le passé de leur famille. Cette dernière idéalise son père, alors même que celui-ci s'absente régulièrement. Elle prend rapidement en grippe leur nouvelle pensionnaire, Layla, à cause de leur rapprochement. Rien n'échappe à la jeune fille depuis qu'elle est décidée à faire attention à ce qui se passe autour d'elle. Tout devient une énigme, un mystère, à résoudre. Le métier de son père, son ancien meilleur ami, l'histoire de la manufacture, tout comme l'étrange relation entre sa tante et son père. Très proche et complice, mais avec cette ombre planant sur leur choix de vie et leur passé.

Entre secrets de famille, cachotteries et on-dit des petites villes, histoires d'amour contrariées et moments paisibles passés sur la terrasse dans la chaleur étouffante de la Virgine-occidentale. Une histoire riche où celle d'une petite ville se mélange à celle avec un grand H. J'ai adoré Jottie et sa bienveillance à l'égard de ses nièces et du reste de la famille, j'ai eu envie de la voir s'épanouir enfin pour elle. J'ai également beaucoup aimé Willa, qui se décide à regarder autour d'elle et va apprendre bon nombre de choses sur sa famille. En revanche, et c'est probablement normal, Layla m'a moins plu. Même si elle évolue, elle qui est considérée par son propre oncle comme enfant gâtée, frivole, ignorante.


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1938 | Macedonia | Manufacture | Famille | Femmes | Passé | Federal Writer's Project

L'archipel, tome 1 : Latitude

11 févr. 2018



De quel criminel êtes-vous le sosie ?

Je m'appelle Yann Rodin. Il y a onze mois, j'entrais en seconde. Aujourd'hui, je vis dans l'Archipel, la pire prison qui existe au monde.

Yann est la victime d'un business très lucratif : l'échange d'identités. Son malheur : être le sosie de Sacha Pavlovitch, le fils d'un puissant trafiquant d'armes franco-russe, qui a acheté sa tranquillité moyennant quelques millions de dollars. Tandis que Yann clame son innocence, Sacha se fait passer pour lui et découvre une vie paisible, sur une île paradisiaque du Sud de la France. Une affaire parfaitement rodée. Du moins en apparence...



L'archipel, tome 1 : Latitude de Bertrand Puard
Éditions Casterman, 2018 - 280 pages - 16€


✖ : Le manque de peps du récit, surtout au début.
Yann se livre, mais il est difficile d'y ressentir ses émotions.

 : Les différents points de vue.
L'idée de base est plutôt originale.
Toute l'histoire est bien ficelée.


Merci aux éditions Casterman pour cet envoi. Bertrand Puard est connu pour les sagas Bleu blanc sang et Les Effacés, aux éditions Hachette. Personnellement, c'est avec ce premier tome de L'archipel que je découvre sa plume.
"Il existe aujourd'hui un endroit sur terre où l'on préférerait être mort plutôt que vivant. Un endroit que des hommes ont bâti spécifiquement dans le but de briser des vies. 
La prison de l'Archipel, où je suis enfermé, d'où j'écris ces lignes, et dont je ne sortirai probablement jamais." - Yann
Il clame haut et fort qu'il n'est pas Sacha Pavlovitch. Pour garder une trace de son histoire, Yann s'arrange pour tenir un journal, celui-là même que nous lisons, au début. Il y consigne l'arrestation musclé et l’interrogatoire qui l'a été tout autant, les difficiles conditions de vie dans l'Archipel, les agressions physiques et morales, etc. Pendant ce temps-là, le vrai Sacha apprend tout de la vie du discret Yann pour pouvoir prendre sa place. Mais, se ressembler physiquement ne veut pas dire qu'il sera facile de duper tout le monde et de se conformer au caractère et à la personnalité de l'autre.
"La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. On ne pouvait trouver meilleure illustration à cette sentence que les destinées mêlées de Pavlovitch et de Rodin."
Un bon premier tome qui souffre tout de même de quelques bémols. Pour commencer, malgré tout ce qui se passe, le récit reste assez plat et manque de tension. Heureusement, cela concerne principalement le début et s'améliore par la suite. Ensuite, j'aurai apprécié plus et mieux ressentir l'impuissance et la colère de Yann à travers ses mots. Enfin, l'idée de base étant originale, avec cette histoire de sosie et de prison, certains passages auraient pu être plus développés.

Dans le positif, il y a le fait que toute l'histoire est très bien ficelée. Quelques révélations surprises, des personnages secondaires qui ont aussi des choses à cacher, des événements qui se mettent en place et qui apporte (enfin) de l'action. Bref, plus les pages se tournent, plus ça devient intéressant à lire. Le deuxième tome est prévu pour le mois d'août 2018.


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